Que nous réserve l’économie en 2015 ?

Lentement mais inéluctablement, l’année 2014 tire vers sa fin. Si les célébrations si caractéristiques des fêtes de fin d’année cristallisent l’attention, d’autres éléments suscitent bon nombre de questionnements, notamment ceux relatifs à l’économie. C’est plus que jamais le moment pour les personnes qui s’intéressent à la gestion de nos cités de se poser des questions. Si la thématique de l’impact des fêtes de fin d’année sur l’économie en intéressera sans nul doute certains, d’autres, par contre, chercheront à savoir ce que nous réserve l’année à venir. Alors, que prédisent les économistes pour 2015 ? Le présent article se propose de répondre à cette question.

 

Le tour du monde des prévisions

Qu’adviendra t-il de l’économie mondiale en 2015 ? Pour répondre à cette question, il est essentiel de s’intéresser aux prévisions économiques réalisées pour chaque zone géographique, ce qui justifie la raison d’être de ce que nous appellerons pour la circonstance, notre « tour du monde », des prévisions. Commençons donc notre analyse par l’Afrique. Il n’est un secret pour personne que le continent noir fait partie des plus pauvres au monde pour bon nombre de raisons au nombre desquelles le chômage et les situations de guerre et d’instabilité politique occupent une place prépondérante. Mais, d’après une étude de la banque mondiale, l’année 2015 s’annonce plutôt intéressante pour l’Afrique du point de vue économique. En effet, les chances que la croissance en Afrique excède les 5% dans la période 2015-2016 sont assez élevées. Cela s’explique par l’augmentation des investissements publics, notamment dans la réalisation d’infrastructures, et la hausse de la production agricole. Par ailleurs, des secteurs tels que les télécommunications, le commerce, les transports, et la finance, enregistrent constamment la création de nouveaux services, ce qui est plus que favorable à l’économie africaine. Seule ombre au tableau, l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement le continent noir. Au cas où cette dernière ne serait pas maitrisée, cela pourrait avoir des conséquences incroyablement fâcheuses sur l’économie africaine. Pour prévenir les risques inhérents à Ebola, la banque mondiale a décidé de soutenir le continent noir en débloquant 400 millions de dollars pour soutenir les pays essentiellement touchés pas l’épidémie à virus Ebola. Il s’agit notamment de la Sierra Leone, de la Guinée et du Libéria. Par ailleurs, l’existence de groupes terroristes, dont le tristement célèbre Boko Haram, pourrait aussi compromettre cette croissance annoncée. Voilà brièvement ce qu’il est possible de retenir concernant l’Afrique. Mais quid de l’Asie ? Bien que la croissance du continent asiatique ait été plutôt intéressante ces dernières années, la chute du yen pourrait quelque peu porter un coup à la croissance économique asiatique. Nonobstant, la nouvelle tarification au niveau du pétrole étant plutôt favorable à la chine, l’Asie a de bonnes chances de surmonter au plus tôt cet écueil. Passons à présent de l’Asie aux USA. Que faut-il prévoir en Amérique en 2015 ? Ayant rebondi au second trimestre de l’année 2014, l’économie américaine s’annonce exponentielle. Le PIB devrait donc passer de 2,1% en 2014, à 2,7% en 2015. Terminons notre tour du monde des prévisions par celles du vieux continent. Ici aussi, les prévisions ne s’annoncent pas franchement réjouissantes. D’abord estimé à 1,7% en 2015, la croissance économique européenne a été revue à la baisse par la commission européenne. Il ne faut désormais s’attendre qu’à 1,1%, pas franchement reluisant.

En somme, les prévisions en termes de croissance économique sont très variables d’un endroit à l’autre de la planète et des inquiétudes sont enregistrées presque partout. Une des plus grandes consiste à savoir s’il y aura ou pas, une crise économique en 2015. A quoi faut-il réellement s’attendre sur ce point précis ?

Vers une crise mondiale en 2015 ?

Si l’on s’en tient à certains indicateurs, il est impossible de s’attendre à une crise économique mondiale en 2015. En effet, les taux de chômage aux USA et en grande Bretagne incitent à l’optimisme du fait de leur baisse. Seulement, doit-on réellement se fier à cet état de choses ? Pas forcément, car ces chiffrent font écran à une réalité qui est en fait moins reluisante qu’il n’y parait. Il existe en effet de sérieux motifs d’inquiétude pour l’économie mondiale en 2015. Les 6,3% de taux de chômage annoncés aux USA servent en réalité à cacher que 12,4% de personnes souhaiteraient travailler plus. Par ailleurs, certains indicateurs sont à la baisse aux USA depuis avril 2014. Il s’agit notamment de la commercialisation de produits industriels, et de la production dans le secteur industriel, de la délivrance des permis de construire, ect. Ceci est caractéristique d’un indicible malaise, voire même d’une baisse du pouvoir d’achat, ce qui laisse penser que l’éventualité d’une crise économique en 2015 n’est pas à exclure.

Le centre de recherche et de management suisse IMD, les grandes banques et la réserve fédérale américaines ainsi que le FMI sont formels, tout porte à croire qu’une crise économique mondiale aura lieu au printemps 2015. Certains indicateurs semblent constituer des signes annonciateurs d’une telle situation. Il s’agit notamment de :

  • La hausse des marchés financiers: A priori, les augmentations observées au niveau des marchés financiers font plaisir. Seulement, il se trouve que la valeur boursière et les performances économiques sont deux choses bien distinctes qui n’ont absolument rien à voir l’une avec l’autre. La monnaie a beau se créer, si cela n’induit pas une création de la richesse, cela ne sert absolument à rien.

 

  • La hausse des prix de l’immobilier: Si ce facteur pourrait laisser croire que l’on assiste à une hausse de la demande, il n’en est en fait rien, car l’augmentation des prix de l’immobilier n’est effective que du fait de l’existence en quantité considérable, de crédits. Ceci s’observe essentiellement en Grande-Bretagne, même si le Canada et le Brésil sont aussi le théâtre de pareilles augmentations.

 

  • L’augmentation du fait de l’immobilier, des risques de défaillances bancaires: Ces potentielles défaillances bancaires pourraient fortement favoriser l’augmentation de la dette publique dans les pays concernés.

 

Les perspectives économiques s’annoncent donc plus que sombres. Mais quid de la croissance économique en France ?

En France, l’optimisme est de mise

Si l’éventualité d’une crise économique mondiale inquiète en Grande-Bretagne et aux USA, tel ne semble pas être le cas en France. En effet, les prévisions pour 2015 s’annoncent remarquables. L’Observatoire Français des Conjonctures Economiques estime que le PIB de la France devrait passer de 0,4% en 2014, à 1,1% en 2015. Il s’agit là d’une très belle avancée, il faut le reconnaitre. Pourtant, tout n’est pas rose dans la mesure où cette croissance économique n’est toutefois pas suffisante pour faire baisser le taux de chômage. Mais quel est l’avis de la France par rapport à la crise économique mondiale annoncée pour le printemps 2015 ?

 

France : une banalisation qui interpelle

Généralement, l’annonce des crises économiques mondiales ne met pas vraiment la France et émoi. En effet, le précédent de 2008 est là pour nous le rappeler. Alors que la panique était à son comble au sein du monde monétaire, la France est restée zen, très zen, trop zen même, au point de frôler le pire. 7 ans après, la France a-t-elle tiré leçon de ses erreurs du passé ? Pas vraiment, car la perspective d’une crise économique mondiale en 2015 ne semble pas l’effrayer alors que tout semble pourtant indiquer l’imminence de cette dernière. Outre les éléments évoqués plus haut dans cet article, un détail supplémentaire inquiète les observateurs. Il se trouve que les crises résultant du déséquilibre entre les créations monétaires et de richesse se produisent tous les 7 ans. Qu’il nous souvienne qu’on a ainsi assisté à des crises en 1994, en 2001, et en 2008. Fort logiquement, la prochaine devrait donc se produire d’ici 2015, soit dans très peu de temps. Il n’y a plus qu’à espérer que la France ne paye pas trop cher, son incompréhensible laxisme, car contrairement à ce que laisse penser son attitude, une telle crise lui serait également très préjudiciable.

 

Conclusion

Prévoir a de tout temps fait partie des habitudes humaines, d’où l’existence des oracles dans certaines civilisations antiques. Si par le passé ces prédictions étaient basées sur des données subjectives, la donne a considérablement changé de nos jours, notamment en ce qui concerne le domaine économique. Voilà pourquoi il est de plus en plus possible de déterminer avec précision, ce qui pourrait se produire. Eût égard au tour du monde des prévisions que nous avons effectué, il apparait évident que 2015 réserve de bonnes choses à l’Afrique et aux USA. La croissance en Europe et en Asie devrait quand à elle être un peu plus mitigée. Mais le principal objet d’inquiétude est l’éventualité d’une future crise économique. Nombreux sont les indicateurs qui semblent donner à la survenue de cet évènement, un caractère inéluctable. Qu’en sera-t-il vraiment ? Personne ne peut le dire avec certitude. La France, pour sa part, avec ses prévisions de croissance pour 2015, semble ne rien craindre du tout et banalise presque la situation, s’attirant un flot de critiques sans cesse grandissantes. Alors, les économistes, ces voyants des temps modernes ont-ils raison ou tort ? L’avenir nous le dira.

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